Sugar Daddy Simulator propose une immersion dans une relation
transactionnelle à travers l’interface d’un simulateur de "sugar
daddy". L’utilisateur y incarne un personnage qui doit gérer son
"budget d’affection" pour entretenir une relation avec une sugar baby
automatisée, répondant à ses gestes, ses messages et ses dons, selon
des algorithmes prédéfinis.À travers cette relation asymétrique et
artificielle, le projet interroge les dynamiques de pouvoir, de désir
et de contrôle dans les relations affectives contemporaines. En
caricaturant la figure du sugar daddy, il met en lumière la fine
frontière entre authenticité émotionnelle et simulation
comportementale.
Mais l’œuvre va plus loin : en remplaçant la sugar baby par une entité
programmée, elle fait un clin d’œil appuyé à la montée des AI
girlfriends, ces applications conversationnelles qui offrent
compagnie, séduction et soutien affectif contre rémunération. Dans ce
cadre, Sugar Daddy Simulator devient une métaphore du glissement de la
relation vers une consommation de l’affect, où l’interlocuteur
n’existe plus que comme miroir des besoins de l’usager.
En questionnant l’automatisation du travail émotionnel, la
standardisation du désir et la marchandisation de l’intimité, ce
projet soulève une critique subtile mais percutante de notre époque,
où les interactions humaines tendent à être remplacées par des
expériences digitales, capitalisées, programmées pour satisfaire sans
jamais confronter.